Forfait hospitalier

Forfait hospitalier, urgences, actes lourds : ce qui change en 2026

Vous avez peut-être entendu parler de hausses des forfaits hospitaliers prévues pour 2026. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Qui paie quoi ? Et qu’est-ce que ça change pour vous ? On démêle tout ça simplement.


D’abord, un peu de contexte : comment ça marche ?

Quand vous êtes hospitalisé, la Sécurité sociale prend en charge une grande partie de vos frais, mais pas la totalité. Il existe plusieurs participations financières qui restent à votre charge — ou à celle de votre mutuelle, si vous en avez une.

Parmi elles, il y en a une que tout le monde connaît sans toujours savoir comment elle s’appelle : le forfait journalier hospitalier. C’est une somme fixe que vous devez pour chaque journée passée à l’hôpital. Elle ne couvre pas des soins précis : c’est plutôt une participation aux frais d’hébergement et d’entretien, un peu comme une contribution aux « frais de séjour ». Aujourd’hui, elle est de 20 € par jour. Elle n’est pas remboursée par la Sécurité sociale, mais elle est prise en charge par la quasi-totalité des mutuelles.

Il existe aussi le forfait patient urgences. Vous êtes allé aux urgences un soir pour une cheville tordue ou une forte fièvre, mais on vous a renvoyé chez vous sans vous hospitaliser ? Dans ce cas, une participation vous est demandée. C’est le FPU — le forfait patient urgences. Il fonctionne un peu comme un ticket d’entrée aux urgences pour les passages qui ne débouchent pas sur une hospitalisation.

Enfin, pour certains actes médicaux lourds — une opération importante, par exemple —, une participation forfaitaire supplémentaire s’applique également.


Et qu’est-ce qui change en 2026 ?

Le gouvernement a décidé, dans le cadre du budget de la Sécurité sociale pour 2026, de revaloriser ces différentes participations. En clair : elles augmentent.

Dès le 1er mars 2026 :

  • Le forfait journalier hospitalier passe de 20 € à 23 € par jour (et de 15 € à 17 € en service psychiatrie).
  • Le forfait patient urgences passe de 19,61 € à 23 € pour les passages aux urgences sans hospitalisation.

À partir du 1er avril 2026 :

  • La participation sur les actes lourds passe de 24 € à 32 €.

Concrètement, est-ce que vous allez payer plus ?

Pour la grande majorité des assurés : non. Ces forfaits sont généralement pris en charge par les mutuelles dans le cadre du contrat responsable — le type de contrat proposé par presque toutes les complémentaires santé. Votre mutuelle absorbera la hausse à votre place.

Vous n’avez aucune démarche à faire. Si votre contrat couvre le forfait hospitalier aujourd’hui, il continuera à le couvrir demain, aux nouveaux montants.

En revanche, si vous n’avez pas de mutuelle, ces frais seront directement à votre charge. Et avec des montants en hausse, la facture peut vite grimper en cas d’hospitalisation un peu longue.


Mais alors, qui paie vraiment ces hausses ?

Ce sont les mutuelles qui vont absorber l’essentiel de la facture. Et c’est précisément ce que le gouvernement a organisé : en augmentant ces forfaits, il transfère une partie de ses dépenses vers les complémentaires santé. On appelle ça, dans le jargon, un transfert de charges.

L’Unocam — l’organisme qui représente l’ensemble des mutuelles, assurances et institutions de prévoyance — a d’ailleurs rendu un avis défavorable à ces mesures. Elle estime que le montant réel de ce transfert atteindrait 530 millions d’euros par an, soit bien plus que les 400 millions initialement annoncés par le gouvernement.

Les mutuelles pointent également une contradiction : d’un côté, on leur demande de couvrir davantage de frais ; de l’autre, on leur demande de ne pas augmenter leurs tarifs. Difficile à concilier sur le long terme.


Un effort demandé à tout le secteur

Ces hausses s’inscrivent dans un plan d’économies plus large : le gouvernement cherche à réaliser 7,1 milliards d’euros d’économies sur les dépenses d’assurance maladie. Dans ce cadre, les complémentaires santé sont également frappées d’une contribution exceptionnelle d’1 milliard d’euros.

Une bonne nouvelle toutefois : les députés ont voté une disposition pour que cette taxe ne soit pas répercutée sur les cotisations des assurés. Vos primes ne devraient donc pas augmenter à cause de cette taxe spécifique.


Le système de santé français est un équilibre permanent entre ce que rembourse la Sécurité sociale et ce que couvrent les complémentaires santé. Quand l’une se désengage, l’autre prend le relais — c’est le principe du transfert de charges.

Pour vous, assuré avec une bonne mutuelle, ces changements devraient rester transparents au quotidien. Mais ils rappellent l’importance d’être bien couvert, surtout face aux aléas de l’hospitalisation.

En cas de doute sur vos garanties, n’hésitez pas à contacter nos conseillers au 0 805 292 292.

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